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Les photos d'AbyssiRaid 2003 / Pictures of AbyssiRaid 2003
 
 

Plus d'un million de km2 (26 fois la Suisse), 67 millions d'habitants dont la majorité vivent à plus de 2'000 mètres d'altitude dans des conditions de grande pauvreté (revenu de $100.- par année), une capitale située à 2'500 mètres et abritant 3 millions de personnes, un relief tourmenté, des déserts, de la jungle et des sommets à plus de 4'000 mètres : c'est l'Ethiopie, un immense pays qui contrôle la Corne de l'Afrique.

Mais c'est aussi une contrée magnifique où une bande de copains ont décidé d'aller planter les crampons de leurs VTT à la fin de l'année 2003.Nous sommes cinq (quatre garçons et une fille), dont trois collaborateurs de notre office (Marc, Stephan et Daniel), à nous lancer à VTT sur les pistes africaines à la découverte des gens, de paysages splendides et sauvages, et aussi de l'inconnu si typique de ce continent envoûtant.

Toute l'expédition a été minutieusement préparée et organisée par l'un des membres, dont ce sera le troisième séjour dans l'ancienne Abyssinie. Il a d'ailleurs donné le nom d'AbyssiRaid 2003 au projet après une première expédition en 1998. L'année 2003 a été mise à profit pour nous entraîner lors de différents raids de plusieurs jours.
L'embarquement à Bâle le 4 décembre est assez mouvementé (poids des bagages, réservations mal faites, fouille douanière) mais après une escale à Francfort et un long vol direct nous atterrissons à Addis Abeba tard dans la soirée. Il est plus de minuit lorsque nous sommes enfin à l'hôtel. Les trois jours suivants seront mis à profit pour remonter les vélos, changer l'argent, découvrir la vie éthiopienne, retrouver des amis locaux et faire une petite grimpée sur les collines dominant la capitale à 3'200 mètres. C'est aussi l'occasion d'adapter nos organismes à une altitude élevée car un des buts de l'expédition est d'atteindre à VTT le second sommet d'Ethiopie à plus de 4'000 mètres.

Et le 8 décembre c'est le vrai départ pour un tour de 1295 km (dont 615 km à VTT) et plus de 7'000 m de montée en 10 jours. Nous sommes accompagnés par trois amis Ethiopiens voyageant dans un minibus transportant nos bagages. A l'étape nous logeons dans des petits hôtels locaux parfois surprenants...

Très vite la plaine du Rift assez plate et venteuse fait place au premier massif montagneux d'où sont originaires la plupart des célèbres coureurs éthiopiens. Le temps est mauvais (pluie, froid), preuve que les changements climatiques affectent toute la planète. Puis très vite le beau temps s'installe définitivement et ne nous quittera plus tout au long du séjour. Le massif du Balé culminant à plus de 4'000 m au sud-est du pays est en vue et nous impose le respect : comment nos organismes réagiront-ils en roulant à ces altitudes ? Progressivement nous montons dans une nature extraordinaire, sur des routes caillouteuses et difficiles. Un premier col à 3'700 m nous rassure sur notre condition physique. Nous croisons les premiers signes de vie sauvage en bordure du parc national du Balé : phacochères, antilopes nyalas, singes et nombreux oiseaux nous font prendre conscience que l'homme est ici un intrus.
Au quatrième jour de notre périple nous attaquons enfin l'étape reine en grimpant sur le plateau du Sanetti, vaste plaine à 4'000 m au coeur du massif. Lâchés vers 3'000 m nous grimpons régulièrement à VTT en contrôlant en permanence notre souffle et nos pulsations cardiaques, le mal des montagnes pouvant se déclarer à tout instant. Le plateau est magnifique, la végétation afro-alpine et la faune particulière (loups du Simien, aigles et vautours, oiseaux multicolores, marmottes) nous impressionnent. Au loin nous apercevons le Mont Batu, second sommet d'Ethiopie à 4'377 m, plus haut que la Dent Blanche dans les Alpes. C'est le but de la journée et une partie de l'équipe l'atteint enfin en milieu d'après-midi. L'air est frais, des restes de neige fraîche nous rappellent qu'ici les conditions climatiques changent très vite. Après un moment de pur bonheur au sommet nous entamons la longue descente de 2'000 m qui va chauffer nos freins et nous ramener à Goba après cette superbe plongée dans un monde étrange et envoûtant. Ah que la douche et la bière seront appréciées !

Des hauts plateaux nous transiterons ensuite jusqu'au fond de la plaine du Rift et la région des lacs éthiopiens. Une journée de repos à Awasa et son lac nous permet de goûter au farniente en milieu tropical, nous sommes maintenant à 1'600 m. Encore deux étapes dont l'une en plaine au bord des lacs et nous serons de retour à notre point de départ. Mais la dernière grimpée, une tentative d'ascension d'un volcan éteint dominant toute la région sud de la capitale, sera un échec : la condition physique est excellente mais les nombreuses épines dont certaines sont longues de plusieurs centimètres mettrons notre moral à mal. Les crevaisons sont trop nombreuses et la fin de journée approche, il est temps de rentrer. Notre retour à l'hôtel à Addis Abeba est l'occasion d'une belle fête et des retrouvailles avec nos amis éthiopiens.

Deux jours suffisent pour nous reposer avant d'entamer la dernière partie de notre séjour : deux étapes à l'ouest d'Addis pour atteindre le sommet du Mont Wenchi, un volcan éteint culminant à 3'390 m dont les berges du lac de cratère sont habitées. La montée de près de 1'500 m sera très dure, la piste est glissante, la température élevée et les organismes fatigués. Mais la vue époustouflante du cratère depuis le sommet récompense nos efforts : c'est un des moments forts de notre raid africain.

Encore deux jours dans la capitale où chacun dépense ses derniers birrs (la monnaie locale) en marchandant âprement quelques souvenirs et déjà il faut paqueter vélos et matériel avant de quitter les amis éthiopiens avec beaucoup d'émotion. Car un tel périple noue des liens très forts malgré la barrière des langues. Mais c'est promis, certains d'entre nous reviendrons dans ce pays mystérieux, étrange et si beau.

More than one million km2, 67 million citizens on whom the majority live above 2000m in poor conditions (income of $100.- per year), a capital city at 2500m with 3 million inhabitants, a very broken ground, deserts, jungles and summits at more than 4000m: it's Ethiopia, a large country controlling the Horn of Africa.

But it is also a magnificent country where friends team decided to drive their mountain bike tires at the end of 2003. We were five (four boys and a girl) to thrust on African tracks to discover people, superb and wild landscapes, and also the unknown so typical of this bewitching continent.

The all expedition was searchingly prepared and organized by one of the members, whom it would be its third stay in former Abyssinia. Year 2003 was built on training during various raids of several days. The boarding in Basel on December 4th is bustling (luggage's overweight, canceled bookings, fastidious customs checking) but after a stopover in Frankfort and a long flight we land in Addis Ababa late in the evening. We finally reach our hotel past midnight. The next three days are spent to put the cycles back together, to change some money, to discover the Ethiopian life, to meet local friends and to climb the hills dominating Addis Ababa at 3200m. It's also the opportunity to adapt ourselves to a high altitude because one of the raid's goals is to ride the second highest Ethiopian summit at more than 4000m.

On December 8th we start our 1'295 km tour (among which 615 km riding our mountain bike) with more than 7000m of climbing in 10 days. Three Ethiopian friends come with us, traveling in a minibus transporting our luggage. At the stage we live in small sometimes and sometimes surprising local hotels…

Very quickly the relatively flat and windy plain of the Rift valley gives way to the first mountainous massif from where most of the famous Ethiopian runners are native. The weather is bad (rain, cold), proof that climate change affects all the countries. But very quickly the good weather takes hold and will never leave us any more throughout the stay. The Bale massif peaking at more than 4000 m in the southeast is in sight and imposes some respect: how will our bodies react by riding so height? Gradually we go up in an extraordinary nature, on rocky and difficult roads. A first pass at 3700m reassures us on our physical condition. We see the first signs of wild life at the border of the Bale national park: warthogs, nyala antelope, monkeys and numerous birds let us become aware that men are intruder here. On the fourth day of our trip we finally tackle the king stage by climbing on the Sanetti Plateau, vast plain at 4000m in the heart of the Bale massif. We climb regularly on our mountain bike, controlling permanently our breath and our hearth puls, the mountain sickness can set in at any time. The plateau is fantastic, the afro-alpine vegetation and the particular fauna (Simien wolves, eagles and vultures, multicolored birds, mumble) impress us very much. Far away we perceive the Mount Batu, second summit of Ethiopia with 4377m, higher than the Dent Blanche in the Alps. It is the goal of the day and a part of the team finally reaches the summit in the afternoon. The air is fresh, rests of recent snow remain us that here the climatic conditions change very fast. After a while of pure happiness we start the long descent of 2000m which will let our brakes burning hot and bring us back at our hotel in Goba after this superb day in such a strange and bewitching world. The shower and the beer have been greatly appreciated!
After the highlands we pass through the plain of the Rift valley and the Ethiopian lakes area. One rest day at Awasa and his lake let us taste the leisure in tropical conditions, we are now at 1600m. Two more stages (from which one in the plain at the edge of the lakes) and we will be back at our starting point. But the last climb, an attempt to ride an extinct volcano dominating the south region of Addis Ababa, will be a failure: the physical condition is excellent but the multiple spines (some are several centimeters long) in our tires greatly affect our morale. We have too many flats and the end of the day is close, it's time to turn around. Back at our hotel in Addis we take the opportunity to have a great party with all our Ethiopian friends.

After two days of rest we start last part of our stay: two stages on the West of Addis Ababa to reach the summit of the Mount Wenchi, an extinct volcano culminating at 3390m whose caldera's banks are inhabited. The raise of more than 1500m is very hard, the track is slippery, the temperature high and the bodies very tired. But the tremendous view on the caldera from the summit rim pays our efforts: it is one of the strongest moments of our African raid.

Two more days in the capital city where everybody spends his last birrs (the local currency), bargaining hardly some souvenirs, and it's already time to pack cycles and equipment before leaving our Ethiopian friends with lots of emotion. Such a trip creates very strong links in spite of the language barrier. But we promise that some of us shall return in this mysterious, strange and so beautiful country.

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