2ème étape  :   Arba Minch - Sodo

 

 

Vendredi 20 novembre : début de la remontée vers Addis Abeba

photo6.jpg (12367 octets)photo48.jpg (9722 octets)

Aujourd’hui la remontée vers Addis Abeba commence véritablement. Levés tôt nous casons tous les bagages dans le véhicule 4x4 et nous équipons de pied en cap pour une étape qui devrait faire 60 km sur une bonne route asphaltée. Avant de quitter l’hôtel nous posons pour quelques photos de groupe, sponsors obligent. Puis nous traversons une dernière fois la ville où plein de gens nous reconnaissent et nous font de grands signes amicaux. Une fois sur la route après l’aéroport nous pouvons commencer de rouler à bonne allure.

etape2.jpg (19047 octets)Nos excellents pneus Wildgripper Rock (merci Michelin) gonflés à 5 bars font des miracles sur ce revêtement et la vitesse est soutenue. Ces pneus n’ont jamais cessé de nous étonner. Fournis par notre sponsor en juillet, ils ont été montés sur nos montures pour le Tour du Grand-Combin en août et pour les nombreux entraînements qui ont suivi. Leur rendement exceptionnel sur terrain sec (et humide aussi) et leur résistance aux crevaisons en font les pneus idéaux pour un raid comme le nôtre. Nous n’aurons pas une seule crevaison sur tout le parcours pourtant éprouvant pour les hommes et les machines.

photo5.jpg (10832 octets)La rive du lac Abaya est superbe avec sa végétation tropicale très verte et les hauts limoneuses qui abritent des crocodiles et des hippopotames. La route est en réfection par endroits, suite aux glissements de terrain de la saison des pluies qui s’est terminée il y a trois semaines. La flore est en plein épanouissement, un bonheur pour l’oeil. De nombreux jeunes juchés sur leur vélo chinois nous accompagnent lors de la traversée de leurs villages. Même si nous ne nous comprenons pas, le plaisir de rouler un bout de chemin ensemble est bien réel des deux côtés. Ce soir ils aurons quelque chose de formidable à raconter à leurs proches et aux copains.

 

Hôtel de misère

photo49.jpg (7396 octets)La forme est là et nous filons rapidement sur cette route relativement neuve. Dans un petit village nous retrouvons les filles attablées devant un petit bistro et quelques bouteilles. Nous les rejoignons avec plaisir pour nous reposer un moment. Une centaine de gamins nous observent en riant et en plaisantant, contents de voir des étrangers s’arrêter chez eux. Mais la curiosité les poussent à s’approcher de nous, ce qui n’est pas du goût de l’aubergiste qui les chasse à grands coups de bâtons. Peine perdue, ils reviennent rapidement vers nous.

Au bout d’une soixantaine de kilomètres nous arrivons à Wajifo qui doit être le village-étape du jour. Mais l’hôtel est vraiment au-dessous du standard minimum que l’on s’est fixé. Nous décidons alors de continuer directement jusqu’à Sodo, soixante kilomètres plus loin. En attendant le tenancier nous propose de nous attabler dans l’arrière-cour de l’établissement avec nos montures, afin de les protéger de la curiosité des nombreux enfants et jeunes du village. Peine perdue : ils ont vite fait de trouver une entrée cachée pour nous entourer et nous observer. Nous comprenons alors ce que peuvent éprouver certaines personnes étrangères qui arrivent dans nos contrées et que tout le monde regarde avec curiosité. Cette fois-ci nous sommes de l’autre côté de la barrière et notre amour-propre en prend un coup. Mais tout le monde est si gentil et souriant que nous ne pouvons que nous réjouir de la situation. Pressée de questions, Muna doit expliquer à tous ce que nous faisons là et d’où nous venons. Serge et Marylise s’embrassant déclenchent l’hilarité générale et c’est au milieu des rires et des signes d’amitié que nous nous remettons en route.

 

photo4.jpg (10098 octets)L’arrivée à Sodo

Bien que la route soit roulante, la fatigue commence à se faire sentir en début d’après-midi. Les nombreuses côtes à franchir coupent les jambes. Mais les paysages sont magnifiques : hautes montagnes à l’ouest, riche plaine cultivée, chutes d’eau et rivières boueuses, canyons creusés par les pluies d’août,… Les gens nous saluent partout avec de grands gestes d’amitié et des "salam" sonores.

Il est déjà 4 heures de l’après-midi et nous sommes encore à trente kilomètres du but lorsque nous attaquons une longue ligne droite qui ondule et dont nous ne voyons pas le bout dans l’air surchauffé qui vibre. L’épreuve va être longue pour certains, malgré les encouragements d'adultes qui quittent leurs champs pour venir nous voir passer. Ce n’est qu’au bout de 10 kilomètres absolument droits que nous apercevons enfin un premier virage et le 4x4 qui nous attend. Très fatigué, l’un des bikers décide de monter dans le véhicule. Les autres se concertent : l’heure est avancée, il reste un vingtaine de kilomètres avec de rudes montées et l’asphalte laisse des traces dans les organismes. On décide alors de finir l’étape dans le 4x4 : nous venons de rouler 100 km à 21 km/h de moyenne. Tout le monde se tasse à l’intérieur en espérant que le peu d’essence qui reste nous permettra d’atteindre Sodo. Le Toyota fonce sur la route en cette fin d’après-midi et arrive au pied de cette ville de 10’000 habitants. Il faut remonter toute l’artère principale pour arriver à notre hôtel. La satisfaction se lit sur tous les visages. Il doit rester 2 dl d’essence dans le réservoir !

Bilan du jour : 100 km
  + 400 m

photo51.jpg (9292 octets)Les chambres de l’hôtel Bekele Mola sont spartiates mais les lits sont bons. Une bonne douche réparatrice et nous voilà en forme pour la soirée. Nous nous retrouvons dans un petit restaurant typiquement éthiopien où peu d’étrangers doivent s’être attablés. Un grand plat d’injera nous est servi dans lequel tout le monde plonge ses doigts avec délice, tant la faim se fait sentir. Tout est mangé en quelques minutes, malgré plusieurs recharges de viande ! Le repas avec les boissons et les thés/cafés nous coûte 54 birr (10 francs suisses ou 40 francs français !) pour sept personnes… Un dernier verre dans un bar où la musique éthiopienne tonitruante nous achève et nous rentrons à l’hôtel pour un sommeil bien mérité.

 

Samedi 21 novembre : journée de farniente

Comme hier nous avons fait deux étapes en une, nous restons aujourd’hui à Sodo. Nos premières missives sont envoyées du bureau de poste local. J’y rencontre un jeune étudiant parlant anglais et qui aime correspondre avec des amis dans tout le pays. Nous échangeons nos adresses et promettons de nous écrire bientôt. J’ai déjà reçu une de ses lettres, il est très fier d’avoir un ami qui habite si loin et qui vit dans la neige plusieurs mois par an !

photo50.jpg (11877 octets)Le samedi est jour de marché régional à Sodo. On y trouve de tout : fruits et légumes, épices, tissus, habits, bétail, outils,… Nous déambulons au milieu d’une foule grouillante avec plein d’enfants qui nous pressent de toute part. Certains marchands n’hésitent pas à manier le bâton pour les éloigner. C’est parfois gênant pour nous. Les filles ont l’impression d’étouffer malgré l’exotisme des lieux et nous ressortons du marché pour retrouver un peu de calme à une terrasse de café accueillante.

L’après-midi est consacré au repos car l’étape de demain est la plus longue du raid : 130 km pour traverser la Vallée du Rift. Heureusement que nous avons peu transpiré aujourd’hui car il n’y a pas d’eau dans la ville ce soir : ennuis mécaniques à la station de pompage locale.

 

 

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