4ème étape  :   Shashemene - Ziway

 

 

Lundi 23 novembre : sur la route du Kenya

etape4.jpg (19743 octets)Ce matin nous attaquons une étape de 90 km sur le dernier bout asphalté du raid. C’est la grande route menant d’Addis au Kenya en passant la frontière à Moyale. Le revêtement est en très mauvais état et les nids de poules nombreux. Il faut bien regarder sa route si on veut éviter d’exploser sa fourche au fond d’un trou. De plus la circulation, presque inexistante jusque là, n’est pas faite pour nous rassurer. C’est une succession de camions puants et crachant des nuages de fumée noire et de bus surchargés qui nous frôlent parfois lorsqu’ils se croisent. Il s’agira d’avoir l’oeil ! La campagne est belle mais déjà très sèche pour la saison. De plus le déboisement intensif transforme la plaine en savane sans ombrages, avec un risque de désertification à moyen terme.

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Le lac Langano

Nous quittons la route en arrivant au carrefour des lacs Langano et Shala. Une piste de sable et de "tôle ondulée" nous mène jusqu’au bord du Langano, seul lac d’Ethiopie où la baignade est sans aucun danger : pas de bilarziose ni d’amibes, pas de crocodiles ni d’hippos. photo1.jpg (387999 octets)Le seul hôtel du coin (un Bekele Mola) fait office de station balnéaire pour les privilégiés d’Addis qui viennent y passer le week-end en famille ou avec leur maîtresse ! Pourquoi ne pas y passer une nuit et en profiter pour nous baigner dans une eau à 27°C ? Le coin est vraiment magnifique, avec un grand jardin plein de fleurs et d’oiseaux et de hautes falaises qui dominent le site. Après un bon déjeuner nous demandons le prix des chambres. La somme est tellement surfaite (300 birr, alors que le maximum que nous ayons payé est 55 birr !) que nous repartons aussitôt pour l’étape prévue !!! Nous retrouvons la route et les poids lourds dans un paysage de savane et de rares acacias en forme de parasols.

photo30.jpg (296133 octets)Nous commençons d’en avoir assez du mauvais goudron qui nous secoue dans tous les sens et nous oblige à faire de nombreux écarts pour éviter les trous. Un dernier bout droit de 10 km et nous entrons dans Ziway, une petite ville réputée pour son du lac, refuge de nombreux oiseaux et animaux aquatiques. photo26.jpg (352752 octets)Notre hôtel est comme à l’accoutumé le Bekele Mola local, dans le cas présent très bien tenu par un personnel sympathique et compétent. La ville est animée et les restaurants, bars et magasins nombreux. Il faut dire qu'elle est traversée par la grande route du sud qui génère un gros trafic.

On s’installe rapidement et on   profite du tuyau d’arrosage du jardin pour nettoyer à fond nos montures. En discutant avec les gens du coin nous apprenons que la ville étape du lendemain n’a pas d’hôtel digne de ce nom ! Nous décidons alors de rester un jour de plus à Ziway et de rejoindre Butajira mercredi matin avec le Toyota.

 

Bilan du jour : 100 km
  + 200 m

 

Hippopotames sur le lac Ziway

La proximité d’un lac poissonneux nous permet de faire un excellent dîner à l’hôtel : entrée de spaghettis, excellents filets de perches meunières et fruits frais, le tout arrosé d’un bon vin éthiopiens et terminé par le café traditionnel.

photo53.jpg (349543 octets)Le lendemain matin nous nous entassons dans le 4x4 et rejoignons le bord du lac. L’endroit est merveilleux avec pleins d’oiseaux, de nénuphars, des pêcheurs apprêtant leurs prises du jour et de nombreux troupeaux venant s’abreuver sur la berge. De grands marabouts (sorte de cigognes à tête poilue et à jabot pendant sous leur grand bec), des ibis, de nombreux pélicans et des goélands nous entourent et nous survolent dans un ballet aérien des plus extraordinaire. Des enfants offrent des fleurs de nénuphars aux dames, curieusement sans demander quelques birr en contrepartie !

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Comme nous savons que des hippopotames ne sont pas loin sur le lac nous demandons aux pêcheurs de nous emmener faire un tour en barque pour essayer de les voir. On marchande le prix de l’excursion et les hommes montent finalement dans une vieille barque qu’il a fallu vider de son eau… La sortie promet d’être sportive, maintenant qu’un petit vent soulève des vagues. Nous sommes cinq sur cet esquif dans lequel l’eau pénètre par les joints disloqués. Il faut sans arrêt écoper avec une vieille boîte de conserve ! Mais le site est merveilleux, avec des couleurs extraordinaires. De nouvelles variétés d’oiseaux apparaissent : aigles pêcheurs à tête blanche, cormorans, milans, grèbes,… Nous rejoignons d’autres pêcheurs qui tendent prudemment leur filet entre deux barques avant de le refermer sur lui-même. Et soudain un grognement attire notre attention : un hippo vient de sortir sa tête à une soixantaine de mètres. Il souffle bruyamment et agite ses petites oreilles. Un second apparaît. Les pêcheurs ne sont pas rassurés, nous non plus ! Car une femelle hippo avec son jeune peut être extrêmement dangereuse lorsqu’elle est dérangée. Des bulles d’air suspectes passant sous notre barque font craindre le pire, mais la bête ne fait surface que bien plus loin. Nous faisons alors demi-tour et retournons lentement vers la crique où nous attendent les filles pas très rassurées.

Fin de journée relaxe à Ziway et dîner traditionnel (injera) dans un bon restaurant qui fait également hôtel de passe pour les nombreux routiers qui s’y arrêtent. Le cadre est agréable et les serveuses jolies et peu farouches. Mais nos dames veillent au grain…

 

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