5ème étape  :   Ziway - Tiya

 

 

Mercredi 25 novembre : les pistes poussiéreuses

etape5.jpg (19883 octets)Levés tôt nous prenons notre petit déjeuner au soleil sur la terrasse de l’hôtel puis chargeons tout nos bagages dans le 4x4. Les VTT sont arrimés sur le toit avec les bidons d’essence, un gros sac de charbon de bois que Muna ramène chez elle et un régime d’une centaine de bananes vertes. Nous allons rejoindre Butajira à une soixantaine de kilomètres de l’autre côté de la vallée du Rift. Nous roulerons depuis là, l’absence annoncée d’infrastructure hôtelière nous empêchant de rejoindre cette ville à VTT et d’y dormir. Nous quittons donc Ziway par une piste caillouteuse et poussiéreuse qui s’enfonce dans la brousse sèche. Kadher roule à près de 80 km/h pour éviter le maximum de secousses, c’est la technique de conduite sur tôle ondulée que les habitués du désert connaissent bien. Les villages sont traversés dans un nuage de poussière et nous atteignons Butajira au bout d’une heure de chaos. Nous nous parquons devant un splendide petit hôtel qui a l’air très bien tenu et bien équipé !!! Quelle dommage que nous n’ayons pas été mieux renseignés, nous aurions pu y passer une bonne soirée.

photo60.jpg (9282 octets)Pour le moment nous dépoussiérons tout nos bagages et nos habits, tant la poussière a réussi à pénétrer dans le Toyota par tous les interstices. Un dernier contrôle de nos montures très secouées par le voyage et nous nous mettons en route pour une étape entièrement sur piste. Nous étions venus pour bouffer du terrain, cette fois-ci nous allons être servis ! La piste remonte vers Addis en suivant le pied de montagnes de 3000 m et en traversant des régions superbes et très agricoles. La campagne est très peuplée, partout nous voyons des fermes et des cases au milieu des champs de céréales et des plantations d’inset et de quat, cet arbuste aux feuilles euphorisantes que beaucoup mâchent à longueur de journée.

Nous sommes toujours surpris lorsque nous nous arrêtons au bord de la piste : nous croyons être seuls en ces lieux, et au bout de quelques minutes plein de gens nous entourent et nous regardent avec curiosité. Il semble que ce phénomène est propre à l’Afrique, jusque dans les régions désertiques. Cette densité de population fait que les animaux sauvages sont bien souvent cantonnés dans les parcs nationaux et qu’il est rare d’apercevoir un chacal ou même un singe en plein jour.

 

Tiya et ses stèlesphoto59.jpg (11477 octets)

Nous avançons sur la piste en étant très secoués. C’est dur, la poussière est omniprésente et nous apprenons rapidement à rouler du bon côté de la piste lorsque nous croisons un véhicule qui soulève un gros nuage. Prendre le vent devient un habitude automatique ! La température est agréable, nous sommes à 2000 m d’altitude et notre excellente forme physique nous permet de bien gérer notre effort et de nous contenter d’un minimum de boisson. Nous sommes étonnés de boire aussi peu, par rapport aux litres que nous avons dû consommer en montant à Chencha au début du raid.

 

photo58.jpg (13809 octets)Nous déjeunons de biscuits, d’oranges et d’ananas à l’ombre d’un grand acacia en bordure de piste. Nous ne nous arrêtons jamais très longtemps afin de ne pas casser notre rythme. Le paysage change petit à petit avec des signes de plus en plus nombreux d’activité volcanique ancienne. Des blocs de basalte affleurent la surface par endroits, des rochers noirs parsèment la campagne.

Et soudain nous apercevons un village sur une colline : Tiya, célèbre pour le champ de stèles et les tombes anciennes mises à jour et étudiées par l’équipe d’archéologues du CNRS dirigés par Roger Joussaume que nous avons rencontré à Sodo il y a trois jours. Nous trouvons rapidement un petit hôtel dont la construction est à peine terminée. L’aspect extérieur est encourageant, mais les chambres sont rustiques et les commodités absolument insalubres…

photo25.jpg (12743 octets)Puis nous nous laissons guidés par des enfants du village jusqu’aux stèles situées dans un champ entouré de barbelés. Un guide nous explique l’histoire de ces vestiges et la signification des signes gravés sur la pierre. Le site est classé patrimoine mondial par l’UNESCO qui va protéger le tout dans un bâtiment en dur. L’endroit est surprenant par son calme, sa sérénité et en même temps la force qui se dégage de ces obélisques de pierre dressées vers le ciel abyssin. Chaque stèle est gravée de symboles et d’un certain nombres de glaives correspondant au nombre d’ennemis tués par le guerrier enterré en dessous. Le lieu est particulièrement impressionnant pour Muna qui imagine facilement ses ancêtres ensevelis sous les stèles…

 

Une superbe soirée

Le soleil se couche sur la campagne environnante lorsque nous regagnons notre hôtel rudimentaire et sa douche qui coule enfin. Puis nous nous rendons chez Abo, propriétaire du petit bar-restaurant typique que Roger l’archéologue nous a chaudement recommandé. Sitôt le nom de Roger mentionné que nous sommes accueillis comme de vieux amis de la famille, autour d’une bouteille de vin blanc étiopien ! Le couple et ses enfants qui tiennent l’établissement se mettent en quatre pour nous préparer un vrai repas de fête avec de la viande, bien que nous soyons un mercredi, jour végétarien en Ethiopie. Pendant que nous savourons une délicieuse injera, la fille de la maison rôtit le café traditionnel qui nous est abondamment servi ensuite en regardant la télévision éthiopienne sur le seul poste du village : les gens viennent au bistrot pour regarder les dernières nouvelles qui sont diffusées successivement en quatre langues différentes !

Nous avons de la peine à nous arracher à cette ambiance familiale, mais il nous faut récupérer un peu avant l’étape de demain. Nous ressortons dans la nuit étoilée et glaciale sur ces haut-plateaux. L’éclairage publique est inexistant, vive les lampes frontales ! Seules les petites boutiques qui bordent la rue principale sont encore allumées, jetant des ombres étranges aux alentours. C’est féerique.

Bilan du jour : 50 km
  + 500 m

 

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