Addis Abeba

 

 

Nous passerons plus de dix jours dans la capitale de l’Ethiopie, cette immense ville s’étendant dans la plaine et sur les contreforts des collines qui l’entourent. Bien que souvent décrite comme sans intérêts dans les rares guides à disposition sur l’Ethiopie, elle mérite d’être mieux connue et qu’on y consacre un peu de temps. Au début de notre séjour Addis nous paraissait désordonnée, sale, grouillante de misère. Et au fil des jours nous découvrirons des lieux, des gens, des situations, une atmosphère et une histoire qui vont petit à petit transformer notre jugement premier pour nous amener à aimer cette capitale fascinante d’un pays qui l’est tout autant.

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Une histoire récente

Addis Abeba est une ville récente, jeune de cent ans à peine. Addis Abeba signifie la "nouvelle fleur" en amharique. Elle vit le jour à la fin du siècle passé sous l’impulsion de l’épouse de l’empereur Ménélik II, l’impératrice Taitu.

Ménélik II, ex-négus du Choa (la province entourant Addis), couronné Roi des rois et empereur d’Ethiopie en 1889, était un chef de guerre itinérant. Ses déplacements à travers le pays étaient motivées par des ambitions militaires, politiques et stratégiques - affaiblir ses rivaux, repousser les agressions étrangères et développer l’administration de son empire. De 1881 à 1891 il établit son campement au centre du Choa sur les collines d’Entoto.

En novembre 1886, quatre ans seulement après la construction de l’église d’Entoto Maryam où Ménélik II fut couronné empereur, l’impératrice Taitu déplaça sa cour sur le plateau de Finfine (ancien nom de l’actuelle Addis Abeba). Elle préférait le climat plus clément du plateau et ses sources d’eau thermale de Filwoha au blizzard des hautes collines d’Entoto. L’empereur, en campagne à Harare, se plia à la volonté de sa femme, d’autant plus que le déboisement des collines était tel que le bois de feu commençait à faire défaut.

Ce n’est néanmoins qu’en 1892 que Ménélik II s’installa à Addis Abeba et y fit construire son palais, le Gebi, sur une des plus hautes collines des lieux. Comme de coutume en Ethiopie, la cour, les nobles, les chefs de clan, leurs guerriers, les représentants des différentes régions et ethnies de l’empire se regroupèrent à la périphérie du palais pour jouer de leur influence. Après la victoire des troupes éthiopiennes à la bataille d’Adoua en 1896 sur les envahisseurs italiens, le prestige de Ménélik II s’accrut à travers toute l’Europe. Toujours plus nombreuses les missions diplomatiques et commerciales vinrent prospecter les nouveaux marchés à développer. Lorsque les étrangers arrivaient à Addis Abeba, ils étaient reçus par un citoyen suisse, le Zurichois Alfred Hilg, fidèle conseiller puis ministre des Affaires étrangères de Ménélik II. Hilg pris une part importante dans le développement de la capitale et contribua au rayonnement du pays à l’étranger.

Le début du siècle fut particulièrement heureux : la construction de la voie ferrée qui relie Addis à la petite république portuaire de Djibouti (ancien Territoire français des Afar et des Issa, indépendante depuis 1977), enfin terminée en 1917, ancra définitivement la capitale au centre du Choa et la projeta dans une ère nouvelle. En 1963, sous l’égide de l’empereur Hailé Sélassié I, les chefs d’Etat africains se réunirent à Addis Abeba pour la première assemblée de l’Organisation de l’Unité Africaine (OUA). Ils établirent le siège de l’organisation dans la capitale éthiopienne.

 

Une visite rapide

Addis Abeba, l’unique ville éthiopienne dotée d’un aéroport international, est une ville carrefour où se croisent toutes les grandes routes nationales. C’est un passage incontournable pour les voyageurs en provenance de l’étranger, et un point de chute pour tous ceux qui sont à la découverte de l’Ethiopie. Addis Abeba semble sans grand intérêt pour les agences de voyage occidentales qui prévoient habituellement une, voire deux journées pour la visite des lieux les plus intéressants. Et pourtant après plus de dix jours à Addis nous sommes très loin d’avoir découvert tous les lieux insolites et souvent très intéressants de cette capitale qui ne se laisse apprécier que si l’on en a vraiment envie.

Voici quelques points de repères parmi les incontournables pour celui qui veut découvrir la capitale :

 

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