Le voyage jusqu’à Addis Abeba

 

Les vols

N’étant pas superstitieux nous partons le vendredi 13 novembre 1998 pour l’Afrique ! Levés tôt, nous chargeons nos bagages et le VTT empaqueté dans la voiture et nous nous retrouvons tous chez Serge pour un café et des croissants bienvenus en ce matin frais. Un dernier briefing avec tous les amis venus nous saluer et départ pour Genève et son aéroport de Cointrin.

Là nous retrouvons notre belle-soeur Muna, ses nombreux bagages et ses amies éthiopiennes venues l’accompagner et surtout lui remettre de nombreux sacs de cadeaux à amener dans les familles respectives à Addis Abeba !!! Le personnel de l’enregistrement des bagages est un peu surpris en nous voyant, surtout avec un excédant de bagages de 69 kg pour six personnes… Le problème est simple : la compagnie Lufthansa qui nous amène jusqu’à Francfort nous accorde 20 kg par personne avec un petit supplément, alors que nous avons droit à 50 kg avec Ethiopian Airlines depuis Francfort ! Après d’âpres négociations nous convenons d’un compromis : nous payons un surplus pour chaque vélo de CHF 70.-, bien moins que le prix des kilos en trop.

Un dernier verre tous ensemble avant de passer le premier des nombreux contrôles du voyage et nous décollons de Genève à 14h30 pour un vol d’une heure jusqu’au bord du Main. Nous avons près de six heures d’attente dans cet immense aéroport avant de prendre le vol ET755 pour Addis. On en profite pour se taper un repas typique du coin : une bonne choucroute allemande avec de nombreuses saucisses… de Francfort évidemment ! L’attente est longue, tant notre impatience est grande de nous retrouver en vol pour l’Afrique.

A 20h00 nous embarquons dans le Boeing 537 de la compagnie nationale éthiopienne. L’avion est plein au 1/3, ce qui nous laisse pas mal de place pour se mettre à l’aise. Un dernier check en bout de piste et c’est le décollage dans la nuit froide et pluvieuse, puis une montée rapide jusqu’à l’altitude de croisière de 10’000 mètres.

Le service à bord est impeccable et un excellent dîner nous est servi avant que tout le monde s’endorme, fatigué par cette longue journée de voyage et d’attente. L’avion passe sur le sud de l’Allemagne, l’Autriche, Trieste, l’ex-Yougoslavie, la Grèce et traverse la Méditerranée jusqu’à Alexandrie, avant d’amorcer la descente pour une escale au Caire après quatre heures de vol. Le survol de la capitale égyptienne en pleine nuit est particulièrement impressionnant : la ville est complètement illuminée, ce qui permet de mesurer son étendue gigantesque.

A l’escale l’avion se remplit complètement d’Ethiopiens venant du Moyen-Orient et d’Asie, et retournant au pays pour la fin de l’année. Puis c’est le décollage pour la dernière partie du voyage : 4 heures de vol au-dessus de la Haute-Egypte, du Soudan, de l’Erytrée (bien qu’en état de guerre avec son voisin du sud, le survol de son territoire par des avions civiles est garanti) et du nord de l’Ethiopie. A nouveau tout le monde dort avant de se faire réveiller pour un rafraîchissement avant le petit déjeuner. Les montagnes du nord de l’Abyssinie apparaissent dans le jour naissant. Après le seul virage depuis le Caire, l’appareil se pose sur l’aéroport de Bole, à la périphérie sud d’Addis à 7h00 locale samedi 14 novembre, avec 15 minutes d’avance !

 

L’arrivée

Première bonne surprise en descendant de l’avion : le ciel est bleu sans un nuage et la température est agréable (~ 20°C). Un dernier regard en arrière sur notre B537 et nous entrons dans le hall de l’aéroport d’Addis Abeba. Aussitôt nous faisons connaissance de Tirunesh, l’amie de Muna, qui travaille à l’aéroport en temps qu’employée du Département Ethiopien de l’Aviation Civile. Grâce à elle nous allons bénéficier de sésames dans tous les contrôles et formalités à l’aéroport. Le passage du contrôle des passeports et visas se fait très rapidement par le guichet des VIP et diplomates ! Puis c’est l’attente de l’arrivée des bagages. Les cartons contenant les VTT sont attendus avec impatience et appréhension : dans quel état allons-nous retrouver nos fidèles montures ? Très vite nous sommes rassurés : tout est livré dans le même état que nous l’avons embarqué à Genève. Mais tous nos bagages nécessitent 6 chariots bien remplis !

Le passage de la douane s’annonce plus délicat selon nos renseignements, en particulier pour les vélos et le matériel de rechange. C’est sans compter sur Tirunesh qui à nouveau nous fait rapidement passer les contrôles devant tout le monde, sans devoir ouvrir le moindre bagage. Même les précieux dollars dont l’importation est normalement sévèrement contrôlée ne sont pas comptabilisés !!!

Et c’est très vite la sortie du hall d’arrivée et la première grosse surprise de nos vacances : un extraordinaire comité de réception est là pour nous : toute la famille de Muna et plusieurs de ses amis nous accueillent à bras ouverts et prennent en charge nos bagages jusqu’aux deux minibus réservés pour nous. C’est à dix par véhicule plus les VTT emballés et beaucoup de bagages que nous traversons ensuite toute la ville d’Addis pour rejoindre notre hôtel, le Motera, situé sur les hauteurs de la ville, à un demi kilomètre de chez notre belle-soeur.

C’est saoulés d’images et d’odeurs que nous arrivons à destination, fatigués mais heureux d’être enfin plongés dans AbyssiRaid, après ces mois de rêves et de préparation.

 

Retour vers AbyssiRaid 98                 

fleche.gif (1078 octets)